( 13 janvier, 2016 )

Une jolie fille comme ca

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( 27 décembre, 2015 )

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Une jolie fille comme ça de Alfred Hayes {éditer}

 

                       

Une jolie fille comme ça

Huis clos
Deux âmes perdues dans l’océan de la société Hollywoodienne. Un scénariste qui atteint le Zénith de son art .Une actrice en mal de célébrité, ratée dans sa carrière cinématographique. Deux âmes à la recherche de l’autre. Le point de rencontre de ces deux êtres, le jour ou l’un tente de se suicider et l’autre lui vient à son secours. Le hic de cette histoire, c’est que ni l’un ni l’autre ne tienne à poursuivre l’aventure. Le scénariste ne tient pas à avoir une nouvelle aventure amoureuse. L’actrice à ajouter à ses nombreuses aventures une énième déception de plus.

Voilà l’histoire : Un scénariste aperçoit une jeune femme se jeter dans l’océan. L’ayant sauvée d’une noyade certaine. Pour le remercier, elle prend contact avec lui.
Un amour tragique est né entre le scénariste à succès et l’actrice ratée. Il la sauve, ils se reverront, elle n’est pas son genre, ce qui est d’autant plus dangereux, et ils vont basculer dans une histoire où les sentiments affleurent sous la froideur et le cynisme apparents. Avec sa maïeutique habituelle Alfred Hayes construit un huis clos comme on piège deux souris dans une même cage, pour voir laquelle dévorera l’autre. Avec son scalpel de chirurgien chevronné, On passe  de la maison du narrateur, à la chambre minable de l’actrice. Sinon, le couple est enfermé dans une voiture. Leur seule échappée, un dimanche à Tijuana, ne les mènera qu’à assister, telle une mise en abyme, à une corrida : métaphore,. Condamnée à être mise à mort par les hommes dans une arène qui n’est autre qu’Hollywood. Alfred Hayes met en scène une  romance triste où les êtres se déchirent et se dévorent : on dirait le film : «  Qui a peur de Virginia Woolf ?» d’Edward Albee avec Elisabeth Taylor et Richard Burton. Une histoire (au même ton désenchanté),  concentrée sur l’anatomie du rapport à l’autre. « Je t’aime, moi non plus ». La femme fatale, cette jolie fille, ne le sera qu’à elle-même, hantée par les spectres d’une enfance difficile, par tous les hommes, qu’elle a rencontrés.
Entre le scénariste et l’actrice, il ne se passera pas grand-chose, parce que le narrateur n’a même pas envie de vivre l’histoire d’amour qui s’offre à lui, si brève soit-elle. Mais que peuvent partager deux âmes perdues, sinon le même fardeau de malentendus, de semi-mensonges et de non-dits de plus en plus pesants? C’est un désastre annoncé qu’orchestre le romancier. Annoncé depuis leur premier baiser, «un signe quasi prémonitoire», écrit Hayes, puisque, ce jour-là, la terre a légèrement tremblé à Los Angeles…
C’est très visuel, c’est cinématographique. On sent l’odeur des cigarettes, de l’alcool, on se représente les sourires faux dans les soirées où tout le monde connaît tout le monde. Avec une psychologie à la Hitchcock. Superbement écrit et traduit, d’une beauté universelle. C’est superbe !

FATHI CHARGUI

Une jolie fille comme ça Roman de Alfred Hayes–167 pages–Gallimard–octobre 2015

 

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