( 31 mars, 2015 )

L’âme à l’envers d’Eugène Durif

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L’âme à l’envers d’Eugène Durif

Eugène Durif se partage entre l’écriture et le théâtre. Metteur en scène et acteur, il est avant tout un écrivain. Dans L’âme à l’envers, son nouveau roman, Eugène Durif distille une petite musique poétique empreinte d’une tendre mélancolie voyageuse. En se glissant dans la peau du narrateur, il nous embarque dans une histoire d’amour. L’âme à l’envers ou l’amour perdu et éperdu d’un photographe contemplatif pour son modèle Elma partie vivre avec un autre, et dont l’histoire se perd entre Paris et les ruelles de Lyon, face aux images de la vie, pris en boucle entre passé et nostalgie.Bernard, un artiste photographe, aime passionnément Elma, sa jeune compagne qui l’a quitté pour un autre. Alors, il part sur les pas de sa belle. A Lyon, ville natale du narrateur, où il a rencontré Elma, alors âgée de 22 ans. Elle posait alors pour des photographes, lui, exposait dans une galerie. Le temps a passé. La promenade dans Lyon est chargée de nostalgie et de souvenirs. Au fil des pages se dessine le portrait d’Elma qui, adolescente, s’ennuyait dans son village traversé par une route nationale, et celui de Bernard qui tente désormais de se survivre. La quête du narrateur passe par des bars et des établissements de débauche avilissants, mais aussi par des lieux où son père a travaillé. Bernard est hanté par Elma (« Tous les lieux me semblaient tatoués d’elle ») qui l’abreuve de messages de regrets. Il ressasse le passé. La belle est omniprésente dans son présent.

FATHI CHARGUI

 

L’âme à l’envers d’Eugène Durif –  212 pages-Actes Sud

( 28 mars, 2015 )

Histoires naturelles de l’oubli de Claire Fercak

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Histoires naturelles de l’oubli de Claire Fercak

« Histoires naturelles de l’oubli » raconte en alternance l’existence de deux personnages qui, ayant souffert d’un traumatisme récent, se trouvent plongés dans un état d’amnésie partielle, un refus de se souvenir. Deux voix d’abord discordantes, deux héros hors du commun, qui par leur obsession mutuelle et partagée, parviennent à s’oublier ensemble au-delà des promesses de la normalité. Histoires naturelles de l’oubli est un roman à deux voix qui se racontent alternativement à la première personne du singulier. « Histoires naturelles de l’oubli », le roman de Claire Fercak, explore l’animalité et l’amnésie, entre bibliothèque, ménagerie et hôpital psychiatrique. Histoires naturelles de l’oubli est à la croisée de trois mondes clos : la bibliothèque, la ménagerie et l’hôpital psychiatrique.

FATHI CHARGUI

Histoires naturelles de l’oubli, de Claire Fercak- 187pages-Editions verticales-

( 17 mars, 2015 )

La nuit des trente d’Eric Metz¬ger

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Vagabondage Nocturne

 

Félix, décide de passer une nuit de vagabondage dans Paris pour fêter ses trente ans. Un garçon qui découvre soudain qu’il est devenu adulte sans s’en rendre compte. Pendant cette nuit pleine d’incertitudes, de coïncidences et d’imprévus, le nouveau trentenaire découvre qu’il ne mène pas forcément la vie qu’il espérerait mener, et sa rencontre avec Louise, une jolie jeune femme qui disparaît aussi vite qu’elle est apparue, ne fait que raviver des souvenirs enfouis depuis des années. Jusqu’où le mènera ce vagabondage nocturne ? Parviendra-t-il à retrouver Louise ? En tout cas, Félix n’aurait jamais imaginé que cette nuit l’emmène aussi loin. Pourra-t-il la revoir ? Il croise d’autres personnes. Il se souvient de ses années envolées. Il se sent presque vieux. De bar en bar, d’errance en errance, de rencontres en retrouvailles, Félix philosophe et cette nuit, très mouvementée, ne semble jamais prendre fin.

Eric Metz­ger évite au roman sa lour­deur clas­sique. Plu­tôt que de racon­ter ce que fut son nar­ra­teur, il fait le bilan de sa propre vie. Eric Metzger signe ici son premier roman, une autobiographie déguisée ? On ne peut pas dire que le sujet soit neuf ni vraiment exaltant. L’on peut déceler une amertume de ton, propre à une génération? A part la dernière page étonnante, on suit les tribulations de ce parisien ordinaire, sur les traces de son temps et son siècle.

FATHI CHARGUI

La nuit des trente d’Eric Metz­ger -108 pages-Editions Gallimard

( 8 mars, 2015 )

« Azami » : d’Aki Shimazaki

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« Azami » :  d’Aki Shimazaki

Aki Shimazaki, auteur japonaise installée au Canada depuis plus de 30 ans, écrit en français. Et pourtant, c’est le Japon et sa culture si particulière qu’elle explore dans ces courts romans, mélange de crudité et de pudeur, pour exprimer les sentiments humains les plus intimes. Les romans d’Aki Shimazaki décrivent un certain rapport au temps, et au monde : l’odeur d’une fleur, la forme des villes, le goût des aliments, les sons du monde, y tiennent pleinement leur place. On y retrouve aussi l’attachement aux symboles, aux signes, à la destinée. Avec ce roman, Aki Shimazaki place ses personnages au carrefour de leur vie, là où des choix importants s’imposent, là aussi où se multiplient les inconnus et les possibles. Chaque roman est le récit d’une vie, d’une histoire d’amour, de moments tristes ou joyeux, de souvenirs enfouis qui parfois reviennent à la surface lorsque la mort approche. Il y a beaucoup d’amour dans ces romans, mais beaucoup de pudeur, de retenue. Parfois un secret est avoué très tard, trop tard. Aborder des sujets profonds au travers d’histoires simples, c’est tout le talent d’Aki SHIMAZAKI. Les phrases sont courtes, simples. Elles décrivent sans fioriture un décor, un personnage, un moment.

FATHI CHARGUI

Azami de Aki Shimazaki-130 pages-Leméac/Actes sud

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