( 18 mars, 2014 )

A cappella de May Telmissany

627984-1540-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A cappella de May Telmissany

Jeux de miroirs

Née au Caire en 1965, May Telmissany enseigne le cinéma et les études arabes à l’université d’Ottawa au Canada. Outre ses recueils de nouvelles et ses romans, dont deux ont été traduits en français chez Sindbad/Actes Sud, Doniazade (2000) et Héliopolis (2002), on lui doit une dizaine de traductions du français ou de l’anglais en arabe, et de nombreuses études sur la littérature et le cinéma.May Telmissany est la fille du réalisateur égyptien Abdel-Kader Telmissany (1924-2003). Ses romans,ainsi que ses recueils de nouvelles, Gravures répétées  et Trahisons mentales , ont été acclamés par la critique aussi bien égyptienne que française,Doniazade a reçu le prix Arte Mare (Bastia, France) et le prix d’encouragement de l’État (le Caire, Égypte) pour le meilleur roman autobiographique. May Telmissany a obtenu une bourse de création du Conseil des Arts et des Lettres du Québec pour écrire son dernier roman en français. Son  livre, Les Murs du Paradis , publié au Caire en 2009, est un recueil de fragments sur son expérience canadienne et ses retours successifs en Égypte.

« A cappella » de May Telmissany met en scène  Mahi, la narratrice, une femme au foyer respectueuse des valeurs traditionnelles. Elle trouve apparemment son bonheur dans le cocon familial, auprès de son mari et de leur fils, alors que sa meilleure amie, Aïda, pourtan d’origine paysanne pauvre, défie ouvertement les conventions sociales et dévore la vie à pleines dents. À la mort soudaine de cette dernière, Mahi tombe sur son journal et le réécrit à sa façon. En dépit des propos blessants la concernant dans le journal, elle s’identifie à Aïda, s’approprie ses traits et se révèle peu à peu à elle-même, toute différente de ce qu’elle imaginait être. Un jeu de miroirs . Ce roman explore la distance qui existe entre deux images : celle que chacun a de lui-même et qu’il croit partagée par ses proches, et celles que chacun d’eux a de lui.L’une bien rangée, l’autre plus délurée, deux femmes se dévoilent via un journal. «Mahi» est en effet une femme plus obéissante à l’ordre social qu’Aïda, l’une artiste et couverte d’amants, l’autre travaillant et soumise à son mari.

FATHI CHARGUI

A cappella de May Telmissany—162 pages—Actes sud—paru le 12 mars 2014

|