• Accueil
  • > Archives pour février 2014
( 4 février, 2014 )

Le Vertige danois de Paul Gauguin

41aPerahNuL__SL460_

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Vertige danois de Paul Gauguin

Hommage à Gauguin

Il s’appelle Paul Gauguin et, en ce matin de 1885, il a déjà plusieurs vies derrière lui. Il est face à son miroir, dans une soupente glaciale de Copenhague, il se regarde avant d’entreprendre son autoportrait, le premier d’une longue série. Bertrand Leclair, au fil d’un beau récit empathique, nous présente cet homme au bord du désespoir, entre deux destins. Le Vertige danois de Paul Gauguin, ou le moment où l’homme peine à devenir l’artiste que l’on sait. Lui-même peut seulement le deviner, ardemment le désirer – et peut-être le redouter. Marin à 17 ans, puis courtier en bourse.Contraint de rejoindre sa femme et leurs cinq enfants à Copenhague, en novembre 1884, Gauguin n’est pas encore Gauguin, mais il le devient, confronté à l’hostilité qu’il génère. Au long d’une enquête tourbillonnante, Bertrand Leclair restitue le vertige d’un homme déchiré, incapable de renoncer à sa fascination pour la peinture. Le Vertige danois de Paul Gauguin consacrera le souvenir et l’admiration posthume du Danemark pour le peintre, un pays que pourtant il n’aimait guère. Gauguin arrive à Copenhague en 1883, à l’âge de 35 ans, en compagnie de son épouse danoise Mette Sofie Gad, de deux ans plus jeune que lui, rencontrée dix ans auparavant à Paris et avec laquelle il aura cinq enfants.Il n’aime ni l’hiver scandinave, ni la société danoise, et sa première exposition à Kunstforeningen (la société des arts danois) est un échec. »Ce serait une interprétation erronée de dire que Gauguin détestait le Danemark », estime cependant Pedro Maria Gauguin da Silva Fonseca, arrière arrière petit fils dano-portugais du peintre. »Mais il éprouvait le sentiment que les Danois le traitaient froidement, comme une sorte de Français sauvage, il avait l’impression qu’il n’était rien à leurs yeux. Ce ne fut pas une période très agréable pour lui, ce qui l’a amené à ne pas aimer ce pays », explique ce descendant. »Il méprisait la société petite-bourgeoise danoise -les sales bourgeois comme il disait » ajoute-t-il. Le séjour à Copenhague fut de courte durée. Gauguin, qui a tenu un commerce de bâches tout en continuant à peindre, revenait à Paris en 1884, laissant femme et enfants sur place.L’artiste reprochera par la suite à sa belle famille, avec qui il ne s’entendait guère, de l’avoir fait partir. Paul et Mette devaient se séparer mais n’ont jamais divorcé. Il la reverra une dernière fois en 1894 avant de mettre le cap définitivement sur Tahiti un an plus tard.

FATHI CHARGUI

Le vertige danois de Paul Gauguin de Bertrand Leclair-182 pages-Actes sud-février 2014

 

|