( 25 avril, 2013 )

Le Temps d’arriver de Aurélien Manya

Le Temps d’arriver de Aurélien Manya le-temps-d-arriverLe Temps d’arriver de Aurélien Manya

            Aimer à perdre la raison

A première vue, le premier roman d’Aurélien Manya est une histoire de rupture amoureuse.Alexandre, jeune parisien, écrit des histoires dans un magazine pour enfants. Sa compagne le quitte. Alors, pour fuir la douleur insupportable de la séparation, il  part la rejoindre à Marseille, à pieds. Le roman tient dans le récit de ce parcours, où la direction est plus importante que le but : fatigue de la marche, forêts profondes ou autoroutes longeant les tracés de TGV, nuits d’hôtels ou dortoirs, rencontres de fortune.
La reconquête amoureuse se double d’une quête initiatique, d’une expérience intérieure de détachement et de dénuement offerte à celle qu’il aime.
Si les rencontres paraissent parfois invraisemblables ou surjouées, le récit est plein de justesse dans le cheminement intérieur du personnage qui se libère peu à peu sur la route.

FATHI CHARGUI

Le temps d’arriver roman de Aurélien Manya—167 pages—Gallimard–2013

( 25 avril, 2013 )

Profanes de Jeanne Benameur

Profanes de Jeanne Benameur profanes

 

 Profanes de Jeanne Benameur

                      Vivre et aimer

Octave Lassalle, Un vieux chirurgien de 90 ans vit seul dans sa maison avec toujours le désir de vivre. Après la mort de sa fille, il s’interroge pourquoi n’a t-il pas pu lui sauver la vie.  la vieillesse l’a rattrapé, les questions aussi. La foi, le doute, les ombres, mais aussi la joie, l’amour, l’instant : tout cela s’entrechoque et cogne. Une question traverse tout ce livre : comment enterre-t-on les souvenirs ? Y a-t-il un charnier où on peut les abandonner une bonne fois ?

Avant de devenir dépendant et de perdre ses forces, il réorganise sa vie. Lorsqu’il se rend compte qu’il ne peut plus rester seul chez lui, il décide d’engager quatre personnes pour l’aider au quotidien et être présentes à chaque heure du jour et de la nuit. Yolande, Béatrice, Hélène et Marc, choisis avec soin, se succèdent dans la grande maison silencieuse du vieil homme. Peu à peu, les coeurs et les esprits s’ouvrent, le passé et le présent s’apprivoisent, les blessures se referment, les liens se tissent.
Par quelle grâce cette romancière parvient-elle à transformer les sujets les plus douloureux en odes à la vie ? Profanes, le nouveau livre Jeanne Benameur, se hisse à ce niveau de perfection du langage, de justesse de ton.

FATHICHARGUI
Profanes roman de Jeanne Benameur—274 pages—ActesSud–2013

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