( 3 février, 2013 )

L’étoile jaune et le croissant de Mohammed Aïssaoui

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L’étoile jaune et le croissant de Mohammed Aïssaoui

le fil de la mémoire

Le livre de Mohammed Aïssaoui, journaliste est une quête personnelle et une investigation journalistique : des Arabes, des musulmans ont sauvé des juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Au fil des pages, Il a exhumer ces moments où, «au moins une fois, des Arabes et des juifs ont marché main dans la main… des Arabes et des musulmans ont protégé des juifs». Que s’était-il vraiment passé derrière les murs de la Grande Mosquée de Paris sous l’Occupation ? Directeur de l’Institut musulman et de la Mosquée de Paris,  Kaddour Benghabrit, personnage ambigu, aime la fête, la musique, et le théâtre, a fait de sa mosquée une planque,puis qu’entre 1940 et 1944, 1 732 personnes (chiffre correspondant aux tickets de rationnement) y ont trouvé refuge, des juifs en majorité, mais aussi des résistants français ou étrangers.Aïssaoui a retrouvé une note interne de Vichy envoyée à son ministre de la Défense nationale dès 1940 qui s’inquiète en effet : «Les autorités d’occupation soupçonnent le personnel de la Mosquée de Paris de délivrer frauduleusement à des individus de race juive des certificats attestant que les intéressés sont de confession musulmane. Il semble, en effet, que nombre d’Israélites recourent à des manœuvres de toute espèce pour dissimuler leur identité [Archives du quai d’Orsay].»Au cours de ses inlassables recherches, Mohammed Aïssaoui fait des rencontres inattendues, comme celle de Philippe Bouvard, qui lui confie que sa mère, juive, était très proche de Kaddour. «Je ne me souviens pas que nous nous soyons cachés à la mosquée, mais j’y allais souvent.» Enfant en 1942, il se rappelle que son père, Jules Luzzato, avait été arrêté et interné à la prison de la Santé. «Ma mère est allée solliciter Si Kaddour. Quinze jours après, mon père a été libéré.»Des anonymes ont également joué un rôle en fournissant aux Juifs de faux certificats attestant qu’ils étaient de confessions musulmane. La mère de Serge Klarsfeld en a bénéficié : «J’ai eu une mère algérienne et musulmane pendant quelques mois. Elle s’est appelée Mme Kader.

FATHI CHARGUI

L’étoile jaune et le croissant de Mohammed Aïssaoui—172 pages–Gallimard– septembre 2012

 

 

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