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( 24 décembre, 2011 )

Dictionnaire de citations francophones

 

 

 

Dictionnaire de citations francophones   97827096368341-157x300

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dictionnaire de citations francophones 

 

            Une langue, une diversité, une richesse

 

Longtemps j’ai cru que les livres commencent à la page sept. Il m’a fallu de l’attention, de la patience et même de la persévérance pour dénicher leur vrai début, les rassembler, constituant un véritable herbier des mots.

Ce début ? Les épigraphes, ces citations hardiment choisies, judicieusement placées en exergue des livres pour les résumer, annoncer la couleur, livrer des clés. Quel meilleur résumé des premiers pas de nombreux écrivains en littérature francophone, cherchant les valeurs universelles, réinventant une mémoire perdue, bâtissant une généalogie fantasmatique et une géographie du rêve, que l’épigraphe cinglante de « la Ronde de nuit », empruntée à Scott Fitzgerald : « Pourquoi étais-je identifié aux objets mêmes de mon horreur et de ma compassion ?» 

Quelle meilleure couverture au « Dictionnaire de citations francophones », un recueil  de citations francophones d’hommes de lettres et de cultures venus  de tous les continents. Un  exemple de richesse et d’union autour d’une même langue. Alain Decaux, Abdou Diouf, Kateb Yacine…

On pourrait allonger la liste à l’infini. Mais c’est un dictionnaire des épigraphes  qu’il a été donné à d’écrire !  Esquisser le répertoire des auteurs les plus cités, dresser les règles que se donnent les auteurs eux-mêmes et regrouper les familles d’esprit.

Première constatation : certains écrivains sont de véritables mines d’or.

Deuxième constatation : l’épigraphe est le plus souvent une profession de foi, une affirmation morale, une règle que l’auteur affirme s’imposer en se référant à autrui.  

Mais plus encore qu’une clé morale, la citation en exergue indique une famille. Les stendhaliens se distinguent par leurs épigraphes.

Mais l’épigraphe est aussi — et c’est notre quatrième constatation — une excellente pièce à conviction pour la fiche d’identité de l’auteur.

Mais,me direz-vous, et ceux qui se passent de ces superbes béquilles ? Eh bien, c’est très simple : ils ont tort. Qu’ils relèvent les 73 dédicaces du Rouge et le Noir grâce aux–quelles on peut découvrir ces véritables écrivains que sont les révolutionnaires de 1789. Depuis Danton ou Mirabeau jusqu’au méconnu Barnave cité pas moins de quatre fois par Stendhal et dont je voudrais faire connaître l’admirable : « l’importance ! Monsieur, n’est-ce rien ? Le respect des sots, l’ébahissement des enfants, l’envie des riches, le mépris du sage. »

Ce qu’il s’agit de comprendre : c’est que l’épigraphe(la citation par excellence !) enrichit le livre. Par exemple : « L’identité d’une personne est faite de multiples composantes, et nous avons le droit et le devoir d’assumer cette complexité qui fait de chacun d’entre nous un être unique. » Amin Maalouf. J’en connais certaines qui valent à elles seules l’achat du volume dont elles constituent la sentinelle.

Lorsqu’on lit en ouverture d’un autre livre, « l’été grec », de Jacques Lacarrière, cette phrase d’André Breton « Ils ne faut pas confondre  les livres qu’on lit en voyage et ceux qui font voyager », on a envie de se précipiter séance tenante dans les péripéties pédestres de ce Pausanias moderne. Et de lire en urgence «  Dictionnaire de citations francophones ».

FATHI CHARGUI

Dictionnaire de citations francophones—JCLattès—206 pages—novembre 2011

 

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