( 1 septembre, 2011 )

O Solitude de Catherine Millot

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O Solitude de Catherine Millot 

                 La solitude dans tous ses états Parce que  la vie est une ombre en marche, Catherine Millot a longtemps été la projection d’une ombre sur le sol, devant elle. C’est  sa silhouette qui la précède et qui va comme un livre mouvant, découpé à sa mesure, jamais séparé d’elle-même, mais privé des couleurs de la personnalité. Et longtemps elle avance avec ce reflet noir, sans pouvoir se détacher de ce qui n’était que son propre contour sur l’écran du temps. Mais quittons cette figure, en raison de ce qu’elle a, justement, d’insistance, de non-séparable. Catherine Millot  n’est pas seulement son image, elle est aussi ses analyses de psy. Dans son livre O solitude, il y a l’absence de l’autre, le chagrin d’amour. L’auteure parvient à guérir de cette absence d’amour par la boulimie de cinéma. Au travers les histoires d’amour d’une femme, l’écrivaine passe en revue les différentes phases d’exploration de l’âme humaine. La vie n’est elle pas une éternelle alternance de solitude et de recherche d’amour. Rythmes alternés d’exils et de retours. De silence et de contemplation. Dans O solitude, il y a les tempêtes intérieures, les cris du futur, mais aussi l’écho du passé. 

Le passé de Catherine Millot est une chose qu’on ne n’oublie pas facilement. Une adolescence, un premier amour, une première solitude, et puis la succession de pleins et de déliés entrecoupées de voyages. L’auteure, une fille de diplomate avait vécue dans plusieurs villes d’Europe. Elle s’était trouvée souvent alterner dans sa vie des moments de solitude et des moments de convivialité. On devrait aller à l’écoute de ce prodigieux  « silence » comme on va en pèlerinage. Au travers une croisière en méditerranée, la solitude prend des dimensions gigantesques tant au niveau de la réflexion qu’au-delà de la recherche du temps retrouvé. La solitude se révèle dans tous ses états, dans la nature, la peinture, la littérature… 

Tumultueuses mais aussi apaisantes les retrouvailles du passé et des amours perdues. Le bruit de la mer nous berce et nous mène vers d’autres solitudes. Catherine Millot montrait un amour naissant et condamné, impliquant la solitude, du moins du côté de cette jeune fille qui entendait les cris. Les cris, en l’occurrence, étaient ceux du cœur, et la fureur était celle d’un esprit tiraillé, intérieurement entre les deux facettes d’une même âme. Mais voici le plus bouleversant. Elle éprouvait  de l’amour au temps de la solitude. Proust est à la rescousse. Catherine Millot, écrivaine psychanalyste, fait ici une réflexion d’une rare justesse. Et si son écriture, révélait un grand talent, la romancière nous offre un délicieux bonbon à croquer sans modération. Ce n’est pas tout, il ya dans le roman de Catherine Millot, une femme qui, sans jamais songer à se mesurer aux vicissitudes de la vie, s’efforce de puiser en elles une nourriture personnelle, qu’elle restitue d’une façon capiteuse dans son roman O Solitude. 

O solitude de Catherine Millot nous fait penser à la solitude des personnages de Samuel Beckett qui, tout en faisant le tour de son humanité, l’homme n’oublie pas sa propre destinée, condamné à vivre seul même s’il se sentait entourer de la terre entière. Catherine Millot créée dans ce livre un incessant balancier entre l’être individu et l’être social.  FATHI CHARGUI O Solitude Roman de Catherine Millot—167 pages—Gallimard—septembre 2011 

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