( 13 mars, 2011 )

Bon anniversaire Editions Gallimard

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Bon anniversaire Editions Gallimard 

CENT ANS DE SIGNATURES DES PLUMES DES PLUS CELEBRES 

La vie serait simple si les éditeurs se bornaient à expédier leur production aux journaux, et si les auteurs attendaient patiemment que ceux dont le métier est d’écrire pour  faire lire, remplissent leur fonction. Malheureusement, la vie est compliquée, et ces choses-là n’arrivent que dans les romans. Une bonne critique n’est pas seulement une satisfaction qui met le rose aux joues de celui qu’elle distingue. C’est une affaire. Et, comme toutes les affaires, elle peut être juteuse ou tomber purement et simplement dans les comptes des pertes et profits. 

Maître de lui-même, ou en résidence surveillée, l’éditeur a charge  d’entreprise. La durée de vie d’une parution est de plus en plus brève, elle n’excède guère quatre mois. Les stocks se gonflent de manière alarmante. Les retours (les ouvrages invendus renvoyés par les libraires) sont massifs, précoces, sans appel. Chaque maillon de la chaîne appréhende des difficultés de trésorerie. L’éditeur tributaire d’un groupe n’ignore pas que ses commanditaires sont rarement des mécènes. Et celui qui est autonome par rapport à l’extérieur subit forcément, chez lui, l’influence de son service commercial. On s’y doit en lire entre les chiffres. Contrairement à celle du pétrole, cette crise n’est pas neuve. Elle est même rituellement évoquée tous les 10 ans. Mais, cette fois, la mutation de la distribution est sans précédent, et les rapports des éditeurs à leur lecteur se transforment en proportion. Il y avait jadis un remède souverain à toutes les pénuries : c’était le best-seller. Contre un million d’exemplaires d’un best-seller, un éditeur pouvait s’offrir les œuvres complètes d’un écrivain en passe de devenir un classique de la littérature universelle. Bref, il suffisait que la nostalgie ne fût plus ce qu’elle était pour combler le déficit d’initiatives aventureuses. Et l’éditeur se flattait d’unir plaisir et nécessité, de bâtir son catalogue au fil de ses inclinations. 

FATHI CHARGUI
 

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