( 23 novembre, 2010 )

Le symbole perdu

lesym10.jpg 

Le Symbole perdu  de  Dan Brown

   Histoire  secrète 

Nom  de nom, ça du fantasme ! Du vrai, les gars, du vachement libéral ! Et quel souk ! Un bouquin littéralement mitraillé : taratata… Plus de cinq cents pages de soufflet de forge qui vous plaquent au sol comme une mouche. N’essayez pas de reprendre votre respiration : c’est débité à grandes rafales, à fond la caisse ? Dan Brown écrit des musiques d’aujourd’hui, section ultra-barjo, plein de théories, du complot et de secrets, décidément avec des codes et des clés à la façon de Da Vinci Code. Donc plein gaz ! Words, words, words ! 

Après les secrets du Vatican et de la pyramide du Louvre, Dan Brown nous dévoile la face cachée de Washington et les mystères du Capitole. Pour son troisième roman de sa trilogie, Le symbole perdu, Dan Brown a mis le paquet : pas possible de lire ce bouquin assis, ça  ficherait  le feu au strapontin. 

Qu’est-ce que le symbole perdu ? C’est à la fois le réel et l’imaginaire, 

La trame du « Symbole perdu » de Dan Brown se déroule sur une période de douze heures chrono à Washington, la capitale américaine, dans un monde de franc-maçonnerie. On assiste à une ordination franc-maçonne, on retrouve le héros de « Da Vinci Code », le symbologiste Robert Langdon, qui répond à la demande de son ami et ancien mentor Peter Solomon, directeur de la prestigieuse et toute puissante Smithsonian Institution, qui dirige une vingtaine de musées, de  remplacer un conférencier. Lorsqu’il arrive au Capitole pour cette invitation, il n’y a personne pour l’accueillir, sauf la main coupée de Peter Solomon pointée vers le plafond et ses fresques (intrigant !). La CIA, est immédiatement avertie. Robert Langdon est sommé de décrypter un secret aussi ancien qu’extraordinaire… qui, d’ailleurs, en intéresse plus d’un! D’où la convoitise des uns et des autres. Dans un autre endroit secret, Katherine Solomon, la sœur de Peter, spécialiste en noétique, se rend à son laboratoire où elle va rencontrer Mal’akh, celui par qui tout va arriver, surtout le pire…Commence alors une folle poursuite: Langdon et K. Solomon court après le secret; Inoue et Mal’akh , chacun de son côté, après Langdon et K. Solomon… 

Dan Brown en  a fait une espèce de boite de pandore gigogne: c’est en même temps le paradis du fantasme pour tous ceux qui rêvent de décryptage de secrets. Mais Le symbole perdu est aussi l’histoire de deux  pieds nickelés qui transposent Bouvard et Pécuchet dans l’enfer de Washington : deux inséparables qui courent derrière le déchiffrage des codes et des symboles, avant de devenir les Dupont Dupond de l’aventure dans les décors des aventuriers de l’arche perdu. On en chope le vertige… Et l’on essaie de suivre ces deux sbires au bout de leur odyssée, jusqu’à ce que le vieux sparadrap du destin les ait définitivement collés l’un à l’autre : avec Dan Brown, ce romancier qui n’est pas arrivé à se débarrasser de ses doubles, la littérature siamoise est née ! 

Bien sûr, il y a là-dedans du meilleur et du pire. Le symbole perdu représente sans doute l’écriture de maintenant. L’écriture intégrale, l’absence totale de censure, la prose dégoulinante. Tout y passe : des morceaux de personnages. Des bouts de paysages, des bribes de conversations, les accélérés et des ralentis, un kaléidoscope de scénarios débités à la tronçonneuse. Voilà l’univers des US states saisi par une folie qui rappelle les naufrages des boats people. Et à toute allure : la phrase de Brown s’élime aux comptoirs de la dérive comme une parka de routard… 

Mais si ce roman reprend le même esprit que celui de Da Vinci Code, il est aussi autre chose. À première vue, on pourrait prendre le symbologiste Robert Langdon, qui répond à la demande de son auteur pour un de ces martyrs dont le bagage s’arrête à Washington. Et bien non ! Derrière les grimaces de l’auteur, il y a un type tout à fait select: Dan Brown est à la littérature baba cool ce que le golfe décapotable est au fourgon Volkswagen. Voilà le paradoxe : apparemment débraillé, le symbole perdu cache un auteur hypercultivé. Cela fait le charme de ce roman, car la culture sort ici des bibliothèques ennuyeuses pour vadrouiller dans la réalité d’aujourd’hui. Voilà donc notre imaginaire confronté aux vraies images d’aujourd’hui. Et s’il y a violence des images dans le symbole perdu, c’est tout simplement que Dan Brown a le sens de l’observation. Mais il a surtout le sens de l’humour : Son Amérique à lui, énigmatique, est une belle satire de nos fausses  libérations. 

FATHI CHARGUI 

Le Symbole perdu (édition illustrée)  Roman de Dan Brown—521 pages— J C Lattès —novembre 2010

Pas de commentaires à “ Le symbole perdu ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|